Élégies contemporaines

Dans le cadre de notre séquence sur la poésie, nous avons lu et étudié plusieurs élégies du XVIeme siècle. Parallèlement, nous avons commencé à lire la sélection du Prix de l’Arganier et en particulier Les Os des filles de Line Papin.

A la fin de ces deux activités, les élèves de 2nde 1 ont rédigé des élégies contemporaines, reprenant librement les thèmes de Line Papin, la nostalgie, la souffrance, la séparation, l’enfermement.

Voici quelques exemples de poèmes…

Proposition de Riad :

Hanoi, ma pensée de chaque soir

Chaque soir brumeux de ces jours passés, allongée dans mon pageot, et regardant à travers une ouverture les étoiles du ciel grisé. Je pense au temps passé, aux souvenirs de mon atroce âge. Quand j’ai quitté ma cité, mon pays, ma patrie… Douce Hanoi, souvenir d’une vie passée, enfoui en toi le trésor de Fortuna. Douce Hanoi, où j’ai senti le goût parfait de mon enfance chanceuse, du temps où la famille est là, là où la vie commence et où l’amour ne finit jamais. Douce Hanoi, tendre grande mère*, on ne se sépare jamais sans payer son tribut de larmes et de regrets. Pourquoi m’a-t-on privée de vous ? Pour exister dans un milieu qui m’est sombre et froid ? Hanoi tu fus pour moi un havre de vie, Ba tu fus pour moi un ange sur Terre. Je vous ai perdus, et j’en ai souffert. Alors que les autres me soutiennent, personne ne me comprend, à part mon Seigneur qui m’a toujours aidé. Résister, rester, parce qu’on l’est, se tenir debout pour les os qui nous précèdent, qui nous succèdent et qui nous entourent. Aucun combat n’est plus difficile que celui contre soi-même, se battre pour sortir de ces énigmes assez compliquées. Mais le passé est de l’histoire, maintenant je dois vivre ! Je reviendrai toujours te trouver, trouver celle qui naissait, celle qui mourait, celle qui se cherchait, celle qui écrivait, celle qui revenait. 

Le poème de Kenza :

Grandir bercée dans tes bras était un privilège,

Autour de toi mon enfance était comme un manège.

Hanoi, ma belle ville, 

Maintenant j’entends les câbles qui grésillent. 

La chaleur de tes bras me manque, 

Je ressens la froideur de cette ville qui m’entoure à présent. 

Avec la pluie qui tape contre ma planque. L’écriture comme pansement. 

Arrachée de toi, 

Ma maladie prend de l’ampleur 

Je sens la souffrance et cela me fait bien peur Hanoi, à présent tu es loin 

Loin de moi, 

Ce manège prend une tournure sinistre Paris, tu me noies. 

La proposition de Salma :

Plongée :

Sombrant dans les abîmes de mon être ravagé par cette guerre,

 Je regarde ma vie défiler,

 Ne tenant qu’a un fil fluet,

J’entends le murmure enivrant de Thanatos,

Me demandant de le suivre dans son univers,

N’est-ce pas plus mal ?

La vie m’a abandonnée, alors pourquoi ne pas le faire à mon tour ?

Mais Héra s’accroche à moi,

M’empêchant de changer de camp,

Entichée de ce sombre espoir,

Je ressors de ce gouffre noir,

Évitant les quelques balles restantes,

Acceptant ces idées qui me hantent

Je ressurgis des frontières de la mort,

Malgré la douleur toujours présente dans mon corps.

Le texte d’Inasse :

Confusion

Mon avenir idéal, détruit

Qui revient sans cesse me tourmenter l’esprit

Mes souvenirs , maintenant vagabonde dans ma tête

Qui ne savent trancher ce casse-tête

Là-haut ne m’est ni azure ni gris

Mon corps crie, mon âme crie

Aucun aliment, pas un grain de riz 

ne peut intégrer mon sang

Mon enfance résonne 

provoquant un ennui 

dans un tourbillon de mélancolie

La lumière est introuvable 

La solution m’est incompréhensible

Mon coeur attend l’écho

qui me sauvera de la noyade.

Le texte d’Hiba :

Un chagrin 

Un bout de moi s’en va, plus que quelques morceaux et je tombe. Mon équilibre est en péril, seule, ici, dans cette ville. Loin de vous mes enfants, je ressens une lassitude indescriptible. Hanoi pleure ses enfants, Hanoi se plaint. Mon cœur si faible et fragile depuis ce départ, il pleut sur mon toit. Mon équilibre est en péril, je déclame ma solitude en pensant à vous, mes petits-enfants. Ba, votre chère Ba, tourne en rond ; plus rien ne me semble chaud et jaune, tout devient gris ; la tristesse prend le dessus. Je n’ai jamais pu croire me séparer de vous, ni vous voir grandir. Hanoi pleut, Ba pleure. Mon coeur rongé par la solitude, il pleut dedans.

Le poème d’Ali :

Face à ma mort

Tourmenté et blessé, assise dans mon lit d’hôpital.

La solitude m’est d’une compagnie épouvantable.

Mon corps m’est devenu détestable.

La mort me fixant de ses yeux désirables,

me disant qu’il était  temps de la rejoindre.

Jour après jour, cette maladie prend de l’ampleur.

Que du malheur, cela n’engendre que du malheur. 

Mes tourments sont  intenses et mon âme en détresse,

Avançant vers un avenir incertain,

Défiant la mort à chaque instant.

Ô lueur au bout du tunnel,

attendant que quelqu’un daigne apaiser mes peines,

me délivre de ce malaise qui m’emprisonne,

Et me libère de ce chagrin qui me ruine. 

Affligée par ce mal, planant dans mon désespoir,

baignant dans ma douleur,

je sombre peu à peu dans le néant,

perdant espoir, à croire que c’est la fin.

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